Cybersécurité mineurs

Deepfake : comment l'expliquer à un enfant

Publié le Par Philippe

Votre enfant a probablement déjà vu une vidéo truquée sans le savoir. Un chanteur qui dit quelque chose qu'il n'a jamais dit. Un président dans une situation absurde. Une célébrité qui recommande un site d'argent facile.

Il l'a vue, il y a peut-être cru, et il ne vous en a pas parlé.

Voici comment lui expliquer, en cinq minutes et sans lui faire peur.

L'explication simple

Un deepfake, c'est une vidéo, une photo ou une voix fabriquée par un ordinateur pour ressembler à quelqu'un de vrai.

L'image à lui donner : « avant, pour faire croire que quelqu'un avait dit une phrase, il fallait un imitateur très doué. Aujourd'hui, un ordinateur le fait tout seul, en quelques minutes, et c'est beaucoup plus réaliste. »

Ce qu'il faut qu'il retienne, c'est une seule idée : voir n'est plus une preuve. Avant, une vidéo prouvait qu'une chose s'était produite. Ce n'est plus vrai.

Ajoutez tout de suite la deuxième moitié : ce n'est pas une raison de ne plus rien croire. C'est une raison de vérifier avant de partager.

Pourquoi ça le concerne directement

Ce n'est pas qu'une affaire de politique et de célébrités. Trois situations touchent les enfants et les ados de près :

Les arnaques. Une fausse vidéo d'un streamer connu qui promet des V-Bucks ou des Robux gratuits contre une inscription. C'est le format le plus courant chez les moins de 15 ans.

Le harcèlement entre élèves. Un visage de camarade collé sur une autre image, une voix imitée dans un message audio. Ça arrive dans les collèges, et les dégâts sont réels.

Les fausses informations. Une vidéo qui circule après un événement, vue des millions de fois avant d'être démentie par personne.

Trois exercices à faire avec lui

Pas de leçon. Des exercices. Comptez dix minutes.

1. Le test des deux vidéos

Trouvez deux courtes vidéos, une authentique et une truquée (les sites de vérification de l'information en publient régulièrement). Montrez-les-lui sans dire laquelle est laquelle, et demandez-lui de deviner.

L'objectif n'est pas qu'il trouve. C'est même mieux s'il se trompe : il comprend alors tout seul qu'on ne peut pas se fier à son œil.

2. La chasse aux indices

Reprenez la vidéo truquée et cherchez ensemble ce qui cloche :

  • les mains et les dents, souvent bizarres ;
  • les bords du visage, qui tremblent ou qui flottent ;
  • les yeux, qui clignent trop ou pas assez ;
  • la voix, un peu trop plate, sans respiration ;
  • le décor, où un détail change entre deux plans.

Prévenez-le quand même : ces indices disparaissent d'année en année. Ils aident, ils ne suffisent pas.

3. Les trois questions réflexes

C'est l'exercice le plus important, et le seul qui restera dans dix ans. Apprenez-lui à se poser trois questions devant n'importe quelle vidéo surprenante :

  1. Qui a publié ça ? Un compte connu, ou un compte créé il y a deux semaines ?
  2. Est-ce que d'autres en parlent ? Si une star disait vraiment ça, ce serait partout. Tapez son nom dans un moteur de recherche.
  3. Qu'est-ce qu'on veut que je fasse ? Si la vidéo pousse à cliquer, à s'inscrire ou à envoyer quelque chose, c'est presque toujours une arnaque.

Faites-lui répéter les trois questions. Ressortez-les la prochaine fois qu'il vous montre une vidéo étonnante.

La phrase à lui dire

Terminez toujours par celle-ci : « Si tu vois une vidéo de toi ou d'un copain qui te met mal à l'aise, tu viens me voir. Tu n'auras aucun problème. »

C'est la phrase qui compte le plus. Un enfant victime d'un montage se tait presque toujours par honte. Votre rôle est de retirer la honte à l'avance.

Questions fréquentes

Dès qu'il regarde des vidéos seul, souvent vers 9-10 ans. Avec des mots simples et sans exemples inquiétants.

Il en existe, mais aucun n'est fiable à 100 %, et ils évoluent moins vite que les techniques de fabrication. Le réflexe de vérification reste la meilleure protection.

Conservez les preuves (captures d'écran, liens), signalez le contenu à la plateforme, contactez l'établissement scolaire si des élèves sont impliqués, et appelez le 3018, le numéro national contre les violences numériques. Un dépôt de plainte est possible.

Non. Un enfant qui a lui-même fabriqué une image avec une IA comprend beaucoup mieux à quel point c'est facile. C'est un excellent exercice, encadré.

Télécharger El&Moi gratuitement

Formule Essentiel gratuite, sans limite de durée.

Application enfant

Télécharger l'application enfant El&Moi sur l'App Store pour iPhoneTélécharger l'application enfant El&Moi sur Google Play pour Android

L'Accès Parent, lui, s'ouvre dans votre navigateur — rien à installer.

Sources et références

  1. Reconnaître et signaler les contenus manipulés

    cybermalveillance.gouv.fr · consulté le 25 août 2026

  2. Numéro national 3018 — violences numériques

    e-Enfance / 3018 · consulté le 25 août 2026

  3. Signalement des contenus illicites (Pharos)

    Ministère de l'Intérieur · consulté le 25 août 2026

À lire aussi